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Nasrallah montre ses musc
Liban. Nasrallah montre ses muscles

Après deux mois de clandestinité totale, interrompue par des passages à la télévision mais jamais en public, le chef du Hezbollah a réaffirmé la victoire de son parti contre Israël devant une foule en délire à Beyrouth.

Après deux mois de clandestinité totale, interrompue par des passages à la télévision mais jamais en public, le chef du Hezbollah a réaffirmé la victoire de son parti contre Israël devant une foule en délire à Beyrouth.


Jusqu'au dernier moment, le secret a été bien gardé : Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, se montrerait-il lors du “Festival de la victoire” contre Israël, alors qu'on ne l'avait pas vu en public depuis le début de la guerre avec l'Etat hébreu le 12 juillet ?


Il est enfin apparu, le 22 septembre, sous les acclamations d'une foule en délire réunie dans la banlieue sud de Beyrouth, zone majoritairement chiite et particulièrement visée par les bombardements israéliens cet été. Une véritable marée humaine comme on en voit rarement dans le monde arabe, surtout pour une mobilisation politique. Des centaines de milliers de personnes étaient arrivées de tout le Liban, certaines à pied depuis le sud, pour célébrer la “victoire divine” du Hezbollah sur Israël. Un chiffre considérable, dans un pays qui compte à peine quatre millions d'habitants. A événement exceptionnel, sécurité exceptionnelle : les hommes du Hezbollah veillaient partout pour éviter que Nasrallah, ennemi juré d'Israël, ne soit la cible d'un attentat. Ce dernier s'est d'ailleurs adressé à la foule derrière une vitre pare-balles, tout en avertissant : “Me tenir ici devant vous (…) est aussi dangereux pour vous que pour moi”.

Deux principaux messages sont ressortis de son discours d'une heure et quart. D'abord le fait que contrairement aux estimations, le Hezbollah possédait non pas 12 000 mais 20 000 roquettes. Et que loin d'avoir été affaiblie par la guerre, “la résistance est plus forte que jamais”. “Fini le mythe de l'Etat et de l'armée invincibles”, s'est-il félicité, en référence à Israël.

Ensuite -et pour la première fois- Nasrallah a affirmé que l'armement de son parti n'était pas destiné à “durer éternellement”. “La première étape normale est de construire un Etat fort, juste, qui protège la patrie et les citoyens, et vous verrez que le problème des armes se résoudra tout seul, sans même avoir besoin de recourir à la table de négociations”, a-t-il ajouté.

D'où la nécessité pour lui, afin d'obtenir un Etat fort, de constituer un gouvernement d'union nationale, sous-entendant par là une meilleure représentation des forces pro-syriennes, Damas étant l'un des principaux soutiens du Hezbollah. Nasrallah ne s'est pourtant pas privé de tirer à boulets rouges sur les différentes forces politiques libanaises. Il a même raillé à mots couverts les larmes du premier ministre, Fouad Siniora, qui n'avait pu cacher son émotion lors d'une réunion du Conseil de la Ligue arabe à Beyrouth pendant la guerre.

Cela n'a pas empêché Siniora de considérer le discours de Nasrallah comme “constructif”. Mais deux jours plus tard, lors d'un rassemblement commémorant les “martyrs” du parti chrétien des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, son chef, a fustigé le Hezbollah et son secrétaire général. “Nous sommes les vainqueurs car nous réclamions le déploiement de l'armée, épaulée par une force de l'ONU, alors qu’il (le Hezbollah, ndlr) y était opposé”, a estimé Geagea, tout en qualifiant cette victoire de “véritable catastrophe” pour le Liban. La presse libanaise, elle, était divisée. Si certains journaux ont loué l'“appel au dialogue” lancé par le chef du Hezbollah, d'autres se sont montrés très critiques. Ainsi, pour Al Mostaqbal, le discours de Nasrallah n'a fait que maintenir “le ton de l'escalade adopté depuis pas mal de temps par le Hezbollah”, tandis que pour L'Orient Le Jour, le refus du parti chiite de déposer ses armes est une manière de “pérenniser le schisme de l'Etat dans un Etat”.

À peine sorti de la guerre, le Liban reste confronté à ses vieux démons. Le pays du Cèdre ne semble pas près de trouver la sérénité.

Par wingate2010, publié le

 
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